Avant de présenter le programme de recherche qui motive ma demande, il est nécessaire de replacer ce projet dans le contexte de mes recherches récentes.
Contexte du projet de recherche
Depuis plusieurs années, mes recherches m’ont conduit à m’intéresser à la création d’outils génériques permettant d’améliorer la communication d’informations en s’appliquant à des domaines aussi variés que la communication scientifique, la formation professionnelle ou l’enseignement.
Dans une première partie de 89 à 93, j’ai travaillé à la conception et à la réalisation d’outils permettant d’une part d’améliorer la qualité de la communication par l’utilisation intelligente de la couleur et d’autre part de donner au formateur non-informaticien les moyens de modifier le contenu et l’ organisation de son message sans avoir à connaitre la technique informatique sous-jacente. Cette recherche a donné lieu à plusieurs communications internationales à Salamanque (Espagne) en 90, Bruges (Belgique) en 92 et Orlando (USA) en 93 (voir publications ci-jointes). Les outils créés autour du moteur hypertexte HyperCard sur Macintosh ont été mis à disposition sur les serveurs de référence et sont encore aujourd’hui utilisés régulièrement dans le monde. Des applications complètes bâties autour de ces outils ont été réalisées à Grenoble dans le domaine de la formation professionnelle avec Péchiney (formation à la coulée d’aluminium), la COmmunauté URbaine de LYon (sécurité du service propreté), la société IFRL (formation à la sécurité du travail). Le Comité Scientifique CNRS de mon laboratoire ARTEMIS a pu juger de la qualité de ces outils puisque la présentation du laboratoire lui a été faite par ce moyen le 17/12/91 ; la réalisation de cette présentation ayant pris seulement quelques jours de travail.
Depuis 93, dès l’apparition du Web, je me suis tourné vers cet outil ouvrant des perspectives nouvelles dans le domaine de la communication (navigation hypertexte mondiale, un seul exemplaire du produit supprimant la distribution de mises à jour...). Malgré des lacunes au niveau de l’interface, j’ai suivi l’évolution des outils de publication sur le Web au travers de la cellule multimédia que j’ai créée au sein de la fédération CNRS de laboratoires IMAG à la demande de sa direction. Dès 93, nous avons mis en place un des premiers serveurs au niveau français présentant les activités de l’IMAG et j’ai animé la cellule multimédia en développant un serveur spécifique (http://www.imag.fr/Multimedia/) sur le thème des outils pour une publication multimédia. Cette activité a été depuis 95 renforcée par la mise en place de conférences mensuelles dont l’audience dépasse largement la communauté IMAG et qui ont abordé à plusieurs reprises les derniers développements du Web.
Description du projet de recherche
D’une facture initiale austère, agrémenté uniquement d’images internes aux documents, le Web s’enrichit de figures réactives, de tableaux, de formules mathématiques avec les nouvelles normes de description de documents HTML 3.2 et suivantes en cours d’adoption. Par ailleurs à l’initiative de Sun, le langage objet Java, permettant de faire exécuter par le client un programme placé sur le serveur, ouvre la porte à des documents actifs s’affranchissant des contraintes liées au débit des réseaux et à la charge des serveurs. Ce langage adopté par de nombreux constructeurs et sociétés de logiciels est devenu en un peu plus d’un an le langage objet multiplateforme utilisé pour des dévelopements Internet, mais aussi de plus en plus pour des réseaux d’entreprise (dit Intranet). Chaque jour de nouveaux produits l’intègrent en standard comme les butineurs les plus utilisés du Web ; des constructeurs l’annoncent comme faisant partie intrinsèque de leur futurs systèmes (Apple) ; d’autres se lancent dans la réalisation de machines Java exécutant directement le code de la machine virtuelle (Sun). Tous les éléments sont en place pour mener une recherche à partir de cette technologie qui aura comme but de concevoir et de développer des objets permettant de réaliser des présentations multimédia interactives à partir d’outils universels comme le Web. Dans cette recherche, l’apport du langage Java sera primordial puisqu’il permet d’être le support d’une véritable interactivité, élément essentiel dans l’acquisition de connaissances par l’engagement que celle-ci entraine de la part de l’utilisateur, comme l’ont montré des travaux récents menés tant en didactique qu’en ergonomie des interfaces homme-machine.
A cet égard un projet comme Cabri-Géomètre développé à l’IMAG dans l’équipe EIAH (Environnements Interactifs pour l’Apprentissage Humain) de l’Unité Mixte de Recherche CNRS Leibniz s’inscrit dans la même démarche. Ce projet reconnu et soutenu par le CNRS et les Universités atteint une nouvelle dimension suite à l’important contrat signé avec Texas Instruments qui a conduit à la sortie dans le public d’une calculatrice de poche proposant ce logiciel en standard. La masse croissante d’utilisateurs de par le monde, la concurrence de plus en plus active rendent indispensable le développement d’un serveur Web Cabri multilingue qui soit attractif en présentant des exemples d’utilisation en Java. Il deviendrait la base de forums de discussion entre concepteurs et utilisateurs. D’ores et déjà une refonte complète du serveur Web Cabri-géomètre (http://www-cabri.imag.fr) en français et anglais a été réalisée (documents en annexe) et une liste de discussion appelée cabri-forum a été créée qui commence à tisser des liens entre développeurs et utilisateurs de Cabri à travers le monde.
Les recherches que je compte mener dans ce projet s’inscriront dans le prolongement de mes travaux antérieurs à savoir la conception d’objets de base permettant à un informaticien de mettre en place le "squelette" de la présentation ou des outils génériques à partir desquels l’homme de l’art, en l’occurence ici le formateur à la géométrie pourra soit créer des cours de géométrie avec des figures actives, soit échanger ses recherches et découvertes avec des collègues mathématiciens à base d’exemples démonstratifs. Ces recherches sont donc plus larges et s’appliquent à d’autres domaines de la formation. Le projet Cabri permettra de supporter un développement de ces outils et de mener une première expérimentation en vraie grandeur autour d’une équipe à conforter formée d’informaticiens, de didacticiens, de graphistes et de traducteurs.
Demande déposée fin 1995, puis à nouveau fin 1996 où elle sera acceptée